Maison de la Lys

Programme : Transformation d’anciens magasins généraux en auberge de jeunesse et accueil cyclotouriste
Localisation : Aire-sur-la-Lys (62)
Maîtrise d’ouvrage : Ville d’Aire-sur-la-Lys
Maître d’œuvre : Béal&Blanckaert (mandataire) + Atelier POST + BE2S Ingénierie + OP Economiste + Impact
Surface : 955 m2
Budget : 3 050 000 € HT compris paysage & VRD
Statut : Concours 2025 – classé 2ème
Mode constructif : Rénovation lourde et biosourcée / ITI béton de chanvre / Extension structure bois

Notre réponse à la transformation des magasins généraux d’Aire-sur-la-Lys prend en considération deux choses tout à fait importantes et indissociables. La première : transformer l’acte de construire et de réhabiliter pour répondre aux grands enjeux sociaux et environnementaux de notre temps. La seconde : que cela puisse se faire en maîtrisant l’économie de projet. Car sans cela, il nous semble qu’une transition efficace et désirable ne pourrait avoir lieu.

Notre proposition se positionne en faveur d’une frugalité d’intervention, créative et heureuse. Elle exalte les usages, fait la part belle aux techniques constructives innovantes en matériaux bio-géosourcés, saines pour les ouvrages anciens dont il convient de prendre soin, saines aussi pour les occupants et les artisans. Ces techniques profitent au territoire, car elles nous rendent capables de solliciter les filières locales en circuit court et d’y ré-injecter l’argent public investi pour le projet.

Afin de concrétiser ces intentions, le parti pris est celui de contenir les éléments de programme habités et chauffés dans une partie des bâtiments. Il s’agit là d’une «réhabilitation lourde». Les autres font quant à eux l’objet d’une «réhabilitation légère» visant la mise en sécurité des ouvrages et leur aménagement pour accueillir les programmes de loisir sportif.

Étaler les éléments de programme dans l’ensemble des bâtiments du site est une gabegie autant financière que matérielle. La compacité est pour nous une évidence. Elle est gage d’une économie de matière et limite la surface d’enveloppe thermique en optimisant les besoins calorifiques, les volumes accolés se réchauffant mutuellement. Cette stratégie restreint l’emploi de machineries coûteuses pour leur préférer le bon sens de la bioclimatique.

Les usages viennent alors occuper les combles, permettant aux publics accueillis de profiter des belles charpentes restaurées. L’effort que suggère une telle attention doit pouvoir être montré. De fait, pour assurer le bon fonctionnement du programme, l’architecture émerge des toits dont les lucarnes participent à la vitalité d’un paysage urbain accueillant à l’angle de la rue de Saint-Omer et de la Lys.

Au cœur du site, une construction neuve reçoit l’élévateur et connecte via de grands paliers de rencontre, les différents niveaux. Légère et tempérée, elle est une pièce urbaine qui reconstitue l’angle de l’îlot et joue le rôle de pivot entre les deux cours, dans le respect des règlementations urbaines.

La partie en réhabilitation légère est libérée. Dans les grands volumes sous charpente dévoilés et lumineux, l’atelier vélo et la mise à l’eau bénéficient d’une générosité spatiale propre aux exigences de tels programmes. Dans le prolongement de la cour du 57, ces volumes constituent des parties couvertes bienvenues pour y organiser des manifestations publiques, associatives et conviviales.